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Publié par Berbèrophile

GREEN BOOK ET NON CRÉTIN DE TOUQUE

Nous vivons actuellement une époque où les navets font rage ("s'il s'agissait de légumes, la planète entière jouirait d'une silhouette svelte et athlétique") et occupent une place de choix dans le catalogue cinématographique mondial. Rares sont désormais les fins de séances ou votre partenaire de gauche vous interpelle du coude en vous susurrant à l'oreille "Wowww c'est une claque ce film". Place dorénavant aux fous rires entre copains à travers des échanges de regards dépités, qui pourraient se traduire par "15 boules pour cette horreur de scénario? On a encore vu juste sur le choix du film Fraté..."

Chouette, il reste encore 2h de film...

En revanche, il arrive que 2 ou 3 fois par an, un chef-d'oeuvre fasse irruption dans les salles obscures pour y diffuser le plus bel éclat de sa luminosité.  

"Bon sang! Mais qui a laissé la lumière allumée alors que le film a déjà commencé!?"

Telle une bouffée d'air frais salvatrice pour les "cinésceptiques", le film "Green Book" de Peter Farrelly, pointera le bout de son nez le 23 janvier 2019 dans les salles de cinéma de notre bon vieil hexagone. Comme si c'était un hasard, "Grinbukus" en latin signifie "rouleau à pâtisserie", terme qui prend finalement tout son sens au sein de ce contexte intensément concurrentiel littéralement aplati par ce bijou visuel... devil

Certains diront "Quoi? Encore un film sur la ségrégation raciale aux Etats-Unis?"

Je dirai "Mais traiter de quelle manière mon garçon!"

Loin des films chocs et controversés des longs métrages ayant déjà abordé les thèmes de l'esclavagisme et du colonialisme, le réalisateur Américain a su ré-aborder ces sujets sensibles avec subtilité et humour. Et puis comment ne pas prétendre aux Oscars quand le duo Viggo Mortensen & Mahershala Ali ont accepté de jouer dans votre film?

Viggo Mortensen & Mahershala Ali sur les routes du Sud des Etats-Unis

Viggo Mortensen & Mahershala Ali sur les routes du Sud des Etats-Unis

Synopsis:

L’histoire se déroule en 1962, où règne une sévère ségrégation raciale, notamment au sein des pays du sud des Etats-Unis. Tony Lip, Italo-Américain vivant dans le Bronx, tente de subvenir aux besoins de sa famille en enchaînant les boulots liés à la sécurité des établissements de prestige mais également à celle personnelle des grands pontes de New-York. Après une mésaventure sur son lieu de travail, celui-ci sera mis à pied temporairement le temps que les choses se tassent. Mais qui pour payer les factures au sein d'une famille excessivement patriarcale?

C'est alors que Tony sera engagé pour conduire et assurer la protection du Dr. Don Shirley, célèbre et virtuose pianiste noire de renommée mondiale, à travers les plus profondes contrées du Sud de cette vaste Amérique rurale (paradoxe incroyable, quand les noirs ont du talent, ceux-ci ne sont plus vraiment noirs pour leurs oppresseurs).

Situation plus qu'insolite tant ces deux personnages jouissent de conditions de vie radicalement opposées. Rustre, brute de décoffrage et profondément attaché à ses valeurs familiales, Tony sera confronté au dandysme, à la préciosité ainsi qu' à l'immense culture générale du prodige Afro-Américain. 

Sans vous en dire plus, notre duo assistera impuissant, à l'étroitesse d'esprit ainsi qu'à l'accablante débilité humaine qui a pu sévir et qui sévit encore sur les terres du monde libre (on pourrait étendre aisément la cible géographique mais ce n'est pas le sujet de ce film...). En revanche, la relation qu'entretiendront nos deux voyageurs tout au long de leur périple saura vous faire sourire.

Pourquoi faut-il voir ce film?

Par ce que...

"Greenbook" a remporté 3 Oscars lors de la 91ème cérémonie des Academy Awards (février 2019) dont celui du meilleur film, du meilleur acteur dans un second rôle (Mahersaha Ali) ainsi que du meilleur scénario Original. Rien que ça.... 

C'est une histoire tirée de faits réels ("sidérant!")

Viggo Mortensen est tout simplement méconnaissable dans le rôle de "Tony Lip", que ce soit physiquement ou encore dans le rôle que celui-ci a choisi d'interpréter. A savoir que, se dissocier du personnage d' "Aragorn" dans le "Seigneur des Anneaux" est loin d'être une mince affaire (je parlerai même d'anorexie sévère). A titre de comparaison, c'est un peu comme si vous souhaitiez changer de coupe de cheveux mais que vous n'aviez plus aucun poil sur le caillou... Cet acteur est tout simplement monstrueux et restera gravé dans nos mémoires comme celui qui a jeté en l'air Sauron dans le sombre octogone. 

"Saurooonnnnn, ta seule issue, c'est la bagarre..."

Mahershala Ali est l'acteur "Bankable" du moment (qui rapporte un paquet de blé). Le bougre regarde clairement la concurrence se tirer dans les pattes depuis le hublot de son jet privé. Le gars prend un malin plaisir à surfer sur le monde sans la moindre planche de charcuterie... (double punchline brah! brah! brah!). A la fois "Remy Danton" dans l'excellente série "House of cards", "Juan" dans l'incroyable long métrage "Moonlight" ou encore "Wayne Hays" dans le tout récent "True détectivesaison 3. Le coquin de 45 ans pourrait déjà se dire: "Est-ce vraiment rationnel d'exécuter deux fois le game?"

Prestance et élégance absolues, jeu d'acteur digne des plus grands, celui-ci a de quoi largement nous faire complexer sur nos tentatives d'imitations de comptoir. Le père Ali est magistral dans le rôle du Dandy "Don Shirley" .

La bande son originale de ce film est juste en parfaite harmonie avec le sujet traité.

Chapeau bas!

Impressions:

En toute honnêteté, je fais partie de ces personnes totalement influençables, qui se sont faites berner par le boycott médiatique envers l'oeuvre de Peter Farrelly.

"C'est une honte, "Boehmian Rapsody" de Bryan Singer, devait remporter haut la main, l'oscar du meilleur film!"

Eh bien pour ma part, après avoir vu les deux, je peux vous assurer que "Green Book" est une claque (peut être plus violente que celle de votre père après lui avoir infligé un "chat-bite"). Comme quoi, il n'y a rien de plus vrai que d'aller voir une oeuvre afin de se faire sa propre opinion.

Certains pesteront, que nous vivons actuellement une époque cinématographique ou la diabolisation de l'homme blanc est la recette idéale pour remplir les salles, accentuant le sentiment de culpabilité d'être né visage pâle .

D'autres tenteront par tous les moyens de se brunir la peau afin de réfuter toute appartenance avec ces démons colonialistes, abandonnant entièrement l’héritage légué par leurs pères.

C'est dans cet excès d'opinions publiques fumantes qu'arrivera "Green Book" pour insuffler un nouvel élan filmographique. Adieu les multiples scènes de viols et tortures, mettant en scène la souffrance et l'oppression des esclaves noirs américains, forcés à labourer la terre sous un soleil de plomb, tout ça sous l’œil attentif du terrible esclavagiste confédéré, armé jusqu'aux dents.

Le réalisateur Américain s'est focalisé principalement sur la violence psychologique, la violence des mots, mais également les mœurs partagées au sein de l'aristocratie blanche qui sévissaient au sein de l'Amérique rurale en plein cœur des années 60.

De notre point de vue générationnel ("génération dite bisounours ou encore Génération Z"), nous nous demandons encore comment des bus, des établissements publics et privés, des écoles ou encore des universités ont pu adapter leurs services/offres en fonction de notre couleur de peau ainsi que de notre environnement socio culturel. Dure d'imaginer également qu'un afro-américain ne pouvait pas partager le bus ou encore la table d'un homme blanc, au risque de s'attirer de sérieux ennuis. Il est encore plus difficile de se dire que certaines contrées des grands états du sud de l'Amérique continuent de prôner la supériorité de la race blanche, excluant tout échange avec une personne noire.

Cette oeuvre oscarisée est absolument géniale dans la mise en scène des situations les plus incompréhensibles, les plus inexplicables. Peter Farelly est parvenu à retranscrire un climat ambiant révolu (quoi que...pas tout à fait quand même) avec humour et subtilité, sans qu'à aucun moment, celles-ci n'attisent la haine du spectateur. Bien au contraire, ce film est une véritable lueur d'espoir pour les générations futures, et franchement ça fait du bien d'ingurgiter un peu de positif dans nos vies.

Merci pour tout Green Bookoquin <3

Peace et surtout que du Love

Les + 

  • 3 oscars, si avec ça tu ne prends pas le temps de visionner cette oeuvre, c'est que tu es sans doute simplet
  • Une histoire à peine croyable tirée de faits réels
  • Les deux acteurs principaux sont des monstres du grand écran
  • Des personnages complexes, travaillés avec justesse
  • Un passé/actualité sombre et obscure, traitée avec beaucoup d'humour
  • Un message fort de paix et d'amour
  • Une envie de câlins après le film

 

Les -

  • A ce stade ce n'est plus du lait, mais une succulente limonade glacée sous un cagnard difficilement supportable
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