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Publié par Berbèrophile

LE COUP DE COEUR DE CETTE FIN D'ANNÉE 2018

"The Florida Project" et non le projet de Florida le rappeur...

Quelle belle surprise! Il faut insister sur le fait qu'il est souvent dommage de se fier uniquement à la jaquette d'un film ("Mais non je ne parle par de l'orientation sexuelle de l'oeuvre mais bien de son affiche bougre d'âne!") avant de dénicher toute forme de motivation pour effectuer le visionnage.

Il est vrai que celle-ci n'est pas très vendeuse, et pourrait nous faire penser qu'il s'agit d'une énième comédie Américaine lourdement clichée, empestant les bouquets de roses qui inondent les bars et restaurants de Paris la nuit tombée.

Mais Que nenni! Il s'agit bien là d'un long métrage remarquable, peaufiné avec maîtrise par le réalisateur Américain Sean Baker

Celui-ci aborde avec humour l'envers du décor lié au monde merveilleux, féerique et préfabriqué du monde de Disney et son parc d'attraction historique, situé aux Etats-Unis, en Floride.

"Halley et Moonee" les deux personnages principaux plus que touchants

"Halley et Moonee" les deux personnages principaux plus que touchants

Synopsis:

Halley, jeune mère célibataire, élève seule sa fille Moonee dans une des résidences "Low cost" du géant Américain "Disney" (ce sont des logements partenaires, ceux-ci n'appartiennent pas à la société Floridienne ) mises à disposition pour accueillir les visiteurs les plus modestes (on ne peut pas parler de classe populaire lorsque l'on sait qu'il faut débourser 400$ par personne pour passer une journée entière dans le mythique parc). A savoir que ce sont généralement les familles qui sont ciblées pour ce type de séjour...

Cette résidence, censée accueillir principalement les visiteurs dudit parc, est finalement fuie et contournée, tant la précarité des résidents y est flagrante.

Halley, comme la plus part de son voisinage, peine à trouver du travail et parvient difficilement à régler son loyer. Il en est de même pour satisfaire quotidiennement ses besoins physiologiques (également ceux de sa fille).

Moonee, quant à elle, semble déscolarisée et passe ses journées à faire les 400 coups avec sa bande de copains (enfants voisins) paraissant également dans la même situation.

Ce film nous plonge au sein de la vie de quartier, suivant de près nos deux personnages principaux dans leur quotidien. 

Pourquoi faut-il voir ce film?

Par ce que...

"The Florida Project" a été nominé 11 fois au cours de l'année 2018 dont une nomination aux Oscars ainsi qu'au Golden Globes ("Plutôt à prendre au sérieux").

Brooklynn Prince dans le rôle de "Moonee" est absolument incroyable! Du haut de ses 8 ans, le petit poucet nous livre une prestation d'anthologie. Juste remarquable pour un tel âge! ("moi à 8 ans, je ne parvenais même pas aligner une phrase correcte...").

Bria Vinaite dans le rôle de "Halley" interprète avec justesse et réalisme, une mère adolescente qui semble complètement paumée et qui n'a probablement aucune notion du sens des responsabilités (ce n'est qu'une supposition). Charisme et physique atypiques, son jeu d'acteur lui ouvrira sans aucun doute les portes de la célébrité.

Willem Dafoe, que l'on ne présente plus, joue avec brio ("comme toujours j'ai envie de dire"), "Bobby" le gestionnaire de la résidence dans laquelle vivent Halley et Moonee. A première vue, celui-ci semble être inflexible et très rigoureux mais se révèle finalement bienveillant et protecteur. Sans doute un rôle qui n'a jamais aussi bien collé à la peau de notre bon vieux Willem.

C'est une réalisation d'une main de maître de la part de Sean Baker. Il parvient à rendre un sujet sensible et dramatique en une oeuvre pétillante et colorée. Chapeau!

La fine équipe

La fine équipe

Impressions:

A aucun moment, on aurait pensé que le sujet de ce long métrage, aborderait le thème de la "Floride Profonde". 

"Pardon, il y a des pauvres en Floride? Moi tout ce que je vois ce sont des superbes nanas dénudées sur des rollers, et des beaux mecs bodybuildés au teint hâlé..."

Quand on entend Floride, il y a Disneyland qui va avec ("sesesesese...sesesesese..sefyiu!")

Lieu absolument merveilleux, féerique où les enfants et adultes cohabitent avec la plus grande bienveillance. Un endroit où on ne compte pas ses sous, propice à l'émerveillement du plus grand effet, dont la tripotée de personnages et les somptueux décors y contribuent largement. 

Mais lorsque l'on gratte la couche de vernis, les limites de "l'American dream" refont surface.

Effectivement, au fil des années, l'empire immobilier du monde de Disney s'est étendu à perte de vue dans l'unique but d'enrichir son catalogue (package entrées parcs + logements). Le géant Floridien est en partie responsable de l'inflation des prix de la pierre, laissant une bonne partie de la population locale sur le carreau (les propriétaires ont su saisir l'opportunité de la plus-value lors de la revente mais les locataires ont vu leurs loyers exploser).

Le film s'attarde précisément sur ces personnes qui n'ont pas su anticiper la vampirisation de la souris aux grandes oreilles et qui n'ont pas les moyens de trouver refuge ailleurs.

Un quotidien qui est retranscrit avec dynamisme et intelligence par Sean Baker.

Le cinéaste Américain met en avant le fait que, malgré une origine sociale des plus précaires, les personnes les plus démunies conservent une certaine vitalité, s'entre-aident et ne renoncent jamais. Ce qui est de loin leur plus grande force.

1h47 de visionnage qui se boit comme du petit lait de chèvre.

Les + 

  • Un sujet original, rarement traité (ça change!)
  • Des acteurs qui font leur entrée sur le grand écran et de quelle manière!
  • Des personnages plus qu'attachants
  • Une actualité sombre et obscure, traitée avec beaucoup de légèreté et de couleurs
  • Un dynamisme et un humour parfaitement équilibrés

 

Les -

  • Une fin plus que folklorique (je ne vous en dis pas plus)
  • Peu d'historique sur les personnages, laissant place à la supposition et à l'interpretation
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